Guide · 6 min de lecture
Lire un radar de pluie, et savoir ce qu'il ne voit pas
Le radar est le seul outil qui vous dise s'il va pleuvoir dans vingt minutes. Il a aussi des angles morts que personne n'explique — et qui expliquent ses erreurs.
Ce qu'il mesure réellement
Un radar météorologique émet une onde et écoute ce qui lui revient. Plus les gouttes rencontrées sont grosses et nombreuses, plus l'écho est fort. Les couleurs affichées sur une carte ne sont donc pas des millimètres mesurés : ce sont des intensités d'écho, converties en estimation de pluie.
Cette conversion est le premier point faible. Une même intensité d'écho peut correspondre à beaucoup de petites gouttes ou à quelques grosses, qui ne donnent pas le même cumul au sol. La grêle, très réfléchissante, produit des échos spectaculaires qui surestiment fortement la pluie.
Ses quatre angles morts
- Le faisceau monte. L'antenne balaie légèrement vers le haut : à 100 kilomètres, elle observe déjà à plus d'un kilomètre d'altitude. Les précipitations basses lui échappent.
- Le relief masque. Une montagne bloque le faisceau et crée un secteur entier sans donnée. C'est pourquoi la couverture radar est bien meilleure en plaine qu'en zone montagneuse.
- L'atténuation. Une pluie très forte affaiblit l'onde qui la traverse : ce qui se trouve derrière apparaît plus faible qu'en réalité, voire disparaît.
- La virga. Le radar voit une pluie qui tombe, mais elle s'évapore avant d'atteindre le sol. L'écho est réel, la pluie au sol n'existe pas.
Bâtiments, éoliennes, reliefs proches et même vols d'oiseaux renvoient des échos. Les traitements automatiques en éliminent la plupart, mais des taches fixes subsistent parfois près des antennes — un écho immobile depuis une heure n'est pas une averse.
Prévoir à une heure : l'extrapolation
L'usage le plus utile du radar n'est pas de regarder l'image du moment, mais l'animation des dernières heures. En observant le déplacement des zones de pluie, on extrapole leur position à venir.
Cette méthode est excellente pour les pluies de front, qui se déplacent de façon régulière : à trente ou soixante minutes, elle bat n'importe quel modèle. Elle échoue en revanche sur les orages d'été, qui ne se déplacent pas seulement mais naissent et meurent sur place. Un orage peut se former en vingt minutes là où le radar ne montrait rien.
Radar et modèle ne servent pas au même moment
| Échéance | Le plus fiable | Pourquoi |
|---|---|---|
| 0 à 1 heure | Le radar | Il observe le réel ; aucun calcul ne bat l'observation. |
| 1 à 3 heures | Radar et modèle | L'extrapolation se dégrade, le modèle prend le relais. |
| au-delà de 3 heures | Le modèle | Le radar ne voit pas ce qui n'est pas encore né. |
Ce que Météo Fiable propose, et ce qu'il faut aller chercher ailleurs
Ce site ne publie pas d'image radar : il donne des prévisions issues de modèles, heure par heure et jour par jour. C'est l'outil adapté à partir de quelques heures et jusqu'à quatre jours.
Pour la prochaine heure — sortir le linge, partir à vélo, finir une randonnée —, l'image radar reste imbattable, et Météo-France la publie librement. Les deux outils se complètent au lieu de se concurrencer : l'un observe, l'autre calcule.